Bore Ivanoff

 

la Nature Abstraite de la Réalité dans les œuvres de Bore Ivanoff.

13445773_1817277531833520_6283947153678860890_nSi être réaliste signifie représenter le familier, le banal, la réalité quotidienne du monde, alors Bore Ivanoff n’est pas un peintre réaliste. Son esprit, non-conformiste, ses recherches et l’évolution de sa création récente se distingue du style « réaliste » classique.
Photoréalisme, Hyperréalisme … ces étiquettes s’avèrent superficielles et cyniques, un malentendu qui célèbre ce qui est le plus apparent dans les peintures de Boré Ivanoff, une terminologie qui ne convient pas à ses œuvres car nommer ainsi sa peinture serait ne pas comprendre ni reconnaître sa dimension mystérieuse, son intensité énigmatique, sa concentration, sa puissance créatrice, sa conceptualité multi-niveaux mais aussi sa virtuosité !!!
Ces courants « photoréalisme », « hyperréalisme » soulignent les aspects physiques et publics de ses œuvres mais occultent la dimension spirituelle de son art. Il considère que cette grossière simplification pour ne pas dire grotesque déformation de son art en diminue la portée.
L’espace, dans les œuvres de Boré, sert la perception spirituelle personnelle du spectateur.
Dans ses œuvres, le solide semble devenu fluide, curieusement amorphe et convulsif à la fois ; le familier se mue en étranger, complètement énigmatique ; l’image se transforme en une fiction bizarre, quelque part entre le réel et l’illusoire, espace irréel du rêve presque délirant…Ce qui, à première vue semble réel devient apparition, mirage avec plus de force et de magie que l’hallucination, toujours une grande illusion.
La forme n’accomplit plus sa fonction représentative habituelle et devient une pure abstraction chargée d’impulsions inconscientes et d’énergies expressives, conscients de soi par le biais de sa représentation abstraite.
Bore dé-matérialise et dé-réélise) visiblement et subtilement des scènes de la réalité quotidienne en les transformant en abstraction …dans le même temps, il les re-compose en une réalité transcendantale.
Ce qui est typique dans ses récentes œuvres, c’est la révélation de l’abstraction dans l’image, ce qui suggère que cette abstraction représente comme quelque chose d’irreprésentable, mais profondément ressenti.
Extatiquement perçue, l’abstraction se démarque de la représentation nous transportant dans un espace spirituel au-delà de l’espace « mondain » auquel le motif empirique appartient.
L’espace est intemporel et étrangement flottant, un espace forcément habitable mais pas ordinairement habitable, ce qui nous invite à penser que son art le sublime.
Face à l’énigmatique et inhérente paradoxalité de l’espace de Boré, qui ressemble à un nœud gordien qu’aucune épée de la perception ne peut trancher, le spectateur ne peut que ressentir cet espace comme un monde mystique, étrange et mystérieux.
Chaque paradoxe est, généralement, une étape sur le chemin d’une plus grande discipline spirituelle. Comprendre un paradoxe fait franchir à l’homme un stade supérieur, l’amenant à l’illumination. Dans les récentes œuvres de Boré, elle devient presque omniprésente didactiquement, ouvertement, spirituellement, il semble avoir atteint sa propre complète illumination.
Boré transforme le profane en sacré et spirituel – élève et transmute les motifs de la réalité quotidienne, de sorte qu’ils apparaissent comme des mystères d’une sacralité transcendantale. Ils deviennent des indices de la réalité extraordinaire, au-delà et à l’intérieur des limites de ce qui est généralement perçu comme une réalité.
En résumé, ses œuvres sont une tentative mystique poussant à s’échapper de la banalité du monde moderne, transformant ses sujets et apparitions en icônes énigmatiques et ensorcelantes, qui enchantent le spectateur à travers l’acte de méditation-à travers la perception la plus profonde et le sentiment transcendantal …