Critique…

Boré Ivanoff

 

Peintre passionnément réaliste.

S’il fallait en quelques mots exprimer la singularité de l’œuvre de Boré Ivanoff on pourrait dire de lui qu’il est un de ces peintres amoureux transis de la réalité, brûlant du désir de tout en dire, obsédé d’en recueillir le moindre détail, avec la plus grande précision. Il vit, il peint, il exprime l’effroi de la disparition du monde que ses yeux caressent dans les miroirs d’acier, de verre, d’écran, de papier …

L’excès de sa passion s’exprime dans sa folle ambition : cumuler dans sa peinture la maîtrise de la troisième dimension, grâce à la vertu de l’œil et de la main, sans renoncer à l’information photographique. Celle-ci, en réduisant le monde visible à deux dimensions, en l’immobilisant, lui permet de capter la forme de la moindre feuille d’arbre dont il veut témoigner au pinceau.

Boré Ivanoff n’est pas le seul artiste à avoir voulu assimiler pour son art ce que la photo a pu apporter de nouveau à la vision du monde. Il appartient paradoxalement à un long courant de peintres qui ont usé de cette invention pour pousser plus loin encore leurs limites dans la poursuite du réel.

Quand en 1839 Daguerre présente son invention à l’Institut, il émerveille les académiciens des Sciences et affole ceux des Beaux-Arts. Peu après, le peintre Paul Delaroche déclare lors d’une communication sous la Coupole: « Messieurs, à partir d’aujourd’hui  la peinture est morte ! ».  On le crut un instant… mais vite on s’aperçut que l’invention n’extermina pas la peinture mais la diversifia infiniment.

L’académisme qui avait apporté des méthodes fort efficaces pour rendre compte de la réalité ne fut plus désormais l’unique méthode pour y parvenir. La photo  immobilisait, le réel qui ne se voyait jusque-là qu’en mouvement. Il permettait de voir le détail en le mettant à égalité avec l’ensemble ! Grave danger, utopie visuelle ! Le monde ainsi reproduit sur toiles et papiers devint extraplat.  Ainsi l’espace, la profondeur, dont les peintres avaient le secret, disparut aux yeux du commun des mortels.

Entre photos et peinture ce fut désormais une concurrence impitoyable. Les peintres durent  surenchérir,  faire plaisir à l’œil qui n’aime pas la platitude et monotonie. Ils accentuèrent les effets, expressions, contrastes, chocs « rétiniens ». Ils insistèrent sur la « picturalité ».

Boré Ivanoff est un des aventuriers d’aujourd’hui de ce courant détailliste. Du réel il veut tout et ne lâche rien.

C’est un peintre venu  du Sud, de Bulgarie, d’un pays où la lumière illumine tout de façon égale. Elle précise les contours, dessine des arrêtes entre ombre et lumière. Boré Ivanoff fut par ailleurs initié à la « ligne claire », à l’enseignement rigoureux dispensé à l’Académie de Sofia au service de l’art réaliste socialiste.

Mais le goût de la liberté le mena à Paris, c’est là qu’il voulut peindre.  Il dut s’affronter à une autre lumière, celle du Nord, plus encore à celle de l’Ile de France. Son intensité change en permanence, en l’espace d’un instant tous les tons de l’ombre et la clarté se succèdent en un même lieu.  Elle scintille !

Boré Ivanoff aima autant Paris que la peinture. Sa lumière versatile le dérouta. Que faire devant sa beauté insaisissable ? Les effets capricieux de la lumière échappait à sa main précise, son œil se noyait dans ses innombrables reflets : les vitrines, les pavés, la Seine, tout ce qui démultiplie la lumière. Farceuses, les images bougent, viennent se blottir les unes contre les autres dans une affolante confusion.

Il fallut à Boré Ivanoff beaucoup de ruse pour saisir ses contours de sa ville d’adoption. La chasse des images lui inspira toutes sortes de stratégies de capture, dont la photo, pour rendre sage tout ce qui bouge et en saisir arrêtes et les linéaments.

Il composa avec l’inconstance lumineuse de Paris. Pour la rendre, reconnaissable, il introduisit avec minutie le monde des reflets dans ses tableaux. Chaque tableau est une bataille où il ne gagne qu’en faisant la part du feu !

Les peintures de Boré Ivanoff ont le don d’entraîner l’observateur attentif dans un labyrinthe visuel. Elles captent l’œil de l’amateur, qui étonné de l’effet se demande : Comment c’est fait ? Que vois-je ? Qu’est-ce qui me surprend ?

Il s’approche sans cligner des yeux, comme Boré Ivanoff lui-même quand il peint. Le détail l’intrigue… il comprend vite qu’il est captif du tableau, qu’il erre dans le dédale des diverses mémoires que réveille cette peinture. Il est perdu ! Il chemine le long de sentiers obscurs qui s’entrecroisent : ici la vision splendide du monde, là la feuille immobile dans le vent de la plate photo, plus loin le fondu enchaîné du cinéma…  tout cela baigné de lumière solaire, ou électrique, ou encore bleutée des écrans.

Où sont les limes qui séparent le monde tangible, son rendu à la main et le monde virtuel numérisé sur les claviers ? Toutes les mémoires se font concurrence sur ce tableau et se battent pour enfin produire une œuvre singulière… et chacun y reconnaît les bribes de sa propre expérience.

Le temps d’errance et de captivité passé à regarder le tableau feront néanmoins du contemplateur un initié. Il regardera autrement Paris et son décor aussi majestueux que quotidien.

Boré Ivanoff est un peintre emblématique de ce temps et cependant solitaire. Ce « réaliste » amoureux du monde est heureux de créer à la main, à l’âge de la reproduction mécanique et industrielle des images.

En un temps où le premier contact avec la réalité  se fait souvent par la médiatisation des écrans pour disparaître aussitôt… chacun se trouve emprisonné dans une  « réalité » fictive, de l’instant, sans histoire ».

Boré Ivanoff conjure le mal en  laissant la trace d’une œuvre.

Aude de Kerros

 

Révélations sur la Nature Abstraite de la Réalité dans les dernières œuvres de Bore Ivanoff.

Si être réaliste signifie représenter le familier, le banal, la réalité quotidienne du monde, alors Bore Ivanoff n’est pas un peintre réaliste.
Son esprit, non-conformiste, ses recherches et l’évolution de sa création récente se distingue du style « réaliste » classique.
Photoréalisme, Hyperréalisme … ces étiquettes s’avèrent superficielles et cyniques, un malentendu qui célèbre ce qui est le plus apparent dans les peintures de Boré Ivanoff, une terminologie qui ne convient pas à ses œuvres car nommer ainsi sa peinture serait ne pas comprendre ni reconnaître sa dimension mystérieuse, son intensité énigmatique, sa concentration, sa puissance créatrice, sa conceptualité multi-niveaux mais aussi sa virtuosité !!!
Ces courants « photoréalisme », « hyperréalisme » soulignent les aspects physiques et publics de ses œuvres mais occultent la dimension spirituelle de son art. Il considère que cette grossière simplification pour ne pas dire grotesque déformation de son art en diminue la portée.
L’espace, dans les œuvres de Boré, sert la perception spirituelle personnelle du spectateur.
Dans ses œuvres, le solide semble devenu fluide, curieusement amorphe et convulsif à la fois ; le familier se mue en étranger, complètement énigmatique ; l’image se transforme en une fiction bizarre, quelque part entre le réel et l’illusoire, espace irréel du rêve presque délirant…Ce qui, à première vue semble réel devient apparition, mirage avec plus de force et de magie que l’hallucination, toujours une grande illusion.
La forme n’accomplit plus sa fonction représentative habituelle et devient une pure abstraction chargée d’impulsions inconscientes et d’énergies expressives, conscients de soi par le biais de sa représentation abstraite.
Bore dé-matérialise et dé-réélise) visiblement et subtilement des scènes de la réalité quotidienne en les transformant en abstraction …dans le même temps, il les re-compose en une réalité transcendantale.
Ce qui est typique dans ses récentes œuvres, c’est la révélation de l’abstraction dans l’image, ce qui suggère que cette abstraction représente comme quelque chose d’irreprésentable, mais profondément ressenti.
Extatiquement perçue, l’abstraction se démarque de la représentation nous transportant dans un espace spirituel au-delà de l’espace « mondain » auquel le motif empirique appartient.
L’espace est intemporel et étrangement flottant, un espace forcément habitable mais pas ordinairement habitable, ce qui nous invite à penser que son art le sublime.
Face à l’énigmatique et inhérente paradoxalité de l’espace de Boré, qui ressemble à un nœud gordien qu’aucune épée de la perception ne peut trancher, le spectateur ne peut que ressentir cet espace comme un monde mystique, étrange et mystérieux.
Chaque paradoxe est, généralement, une étape sur le chemin d’une plus grande discipline spirituelle. Comprendre un paradoxe fait franchir à l’homme un stade supérieur, l’amenant à l’illumination. Dans les récentes œuvres de Boré, elle devient presque omniprésente didactiquement, ouvertement, spirituellement, il semble avoir atteint sa propre complète illumination.
Boré transforme le profane en sacré et spirituel – élève et transmute les motifs de la réalité quotidienne, de sorte qu’ils apparaissent comme des mystères d’une sacralité transcendantale. Ils deviennent des indices de la réalité extraordinaire, au-delà et à l’intérieur des limites de ce qui est généralement perçu comme une réalité.
En résumé, ses œuvres sont une tentative mystique poussant à s’échapper de la banalité du monde moderne, transformant ses sujets et apparitions en icônes énigmatiques et ensorcelantes, qui enchantent le spectateur à travers l’acte de méditation-à travers la perception la plus profonde et le sentiment transcendantal …

 

Разбулване на духовно-абстрактната същност на реалността в най-новите творби на Боре Иваноф.

Ако да бъде реалист за един артист означава, да представя познатата, банална, ежедневна реалност на света, тогава Боре Иваноф не е реалист! Неговите духовно свободомислие, търсения и еволюция в най-новото му творчество го противопоставят на стандартното разбиране за реализма, показвайки че той е по-далече от реализма в изкуството, отколкото изглежда.
Фотореализъм, Хипереализъм … Това са цинични, повърхностни етикети, тържествуващо неразбирателство за това, което е най-очевидно за картините на Боре, без да се разбира, камо ли да се признава, тяхната особена наративна загадъчност- техните енигматични интензитет; концентрация; многопластова концептуалност; увереност и виртуозност.

Пространството при Боре Иваноф обслужва персоналното духовно възприятие. Етикетът « фото-реализъм » или « хипер-реализъм » набляга на физическия и обществен аспект и не допуска духовния, поради което той е грубо опростяване, гротескно изопачаване на неговото изкуство.

В картините на Боре солидното се превръща във всепроникващо течно, странно аморфнo и конвулсивно; познатото става непознатo, напълно тайнственo…

Изображението се трансформира в странна измислица, някъде между реалното и нереалното- илюзорно пространство на фантазията. Това което на пръв поглед изглежда реално се оказва видение, мираж с повече сила и магия от обичайнo преживяна халюцинация, но все още голяма илюзия.
Формата вече не следва обичайната си представителна функция, а се превръща в чиста абстракция, заредена c несъзнателен импулс и експресивна енергия, самоосъзната чрез своето абстрактно представяне.

Боре доловимо e дематериализирал и обезсъзнал отрязък от ежедневната реалност, като я е превърнал в абстрактнa… или, като че ли отново я e материализирал и ре-осъзнал като трансцендентална реалност.

Tипичнo e за най-новите картини на Боре да намерите абстракцията в изображението, което подсказва че тази абстракция изобразява нещо, което е неизобразимо, но дълбоко усещащо се.
Екстатично възприета, абстракцията му ce откроява в изображението, транспортира ни до едно духовно пространство, отвъд земното пространство на коeто принадлежи емпиричния мотив, обект на това изображение.

То е безвременно и странно “безпространственo”, със сигурност обитаемo не по начина по който обикновенто пространство е обитаемo, което предполага, че изкуството го е издигнало над обичайното и тривиалното.

Изправен пред енигматичната и на пръв поглед трудна за възприемане, очевидно присъщa парадоксалност за пространството на Боре, която изглежда като гордиевия възел, който никакъв меч на възприятието не е в състояние да разцепи, зрителят не може да направи нищо освен да усети това пространство като един загадъчен и странно мистичен свят.
Всеки парадокс по принцип е един етап по пътя към една по-висша духовна дисциплина. C pазбирането на всеки парадокс, човек напредва в една по-висша степен на просветление, която става почти всеобхватно разпространена в по-новите, открито, дори дидактически духовни творби на Боре, където той изглежда e постигнал своето собствено, пълно просветление.
С изкуството си Боре преобразува профанното в сакрално и духовно – възнася и трансформира базовите мотиви от ежедневна реалност, така че те да изглеждат като свещенни тайни. Те стават индекси на необикновенната реалност отвъд и в рамките на това, което обикновено се възприема като реалност.
Kартините му са мистичен опит да избяга от баналността на съвременния свят, като трансформира своите сюжети и видениятa в енигматични икони, които омагьосват зрителя чрез акта на медитация – чрез дълбокото им възприятие и трансцедентно усещане …

 

Boré Ivanoff : peintre de la double vue ?
Exposition « Les Miroirs de Paris, entre verre et eau ».

Originaire d’un pays caractérisé par ses plaines et ses montagnes – la Bulgarie – le peintre Boré Ivanoff pourrait être défini de prime abord comme un artiste « réaliste », selon la théorie littéraire du XIXème siècle transposée aux arts visuels. Il fait du quotidien de la vi(ll)e un motif pictural. Après de nombreux voyages, il s’installe à Paris au début des années 2000 afin de cultiver sa passion pour les architectures urbaines ; il conçoit une série de peintures rendant hommage aux scintillements de la ville-lumière. Attentif aux miroitements de chaque rayon de soleil sur les façades, il s’emploie à capter le caractère changeant de la ville, à la manière dont il voudrait rendre compte de la singularité des traits d’une personne. Il crée des « portraits » du treizième arrondissement puis investit l’ensemble de la capitale. Il s’associe à la photographe Marie Bouquet ; chacun compose « une moitié » du diptyque. Ce nouveau protocole scelle une rencontre entre deux techniques. La photographie initiale est une langue qu’il interprète – à la manière d’un traducteur – avec ses pinceaux. Le paysage peint d’après la photo n’est : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Sa technique restitue la sensation et l’esprit des lieux choisis pour leur caractère « sublime », à la fois beaux et inquiétants. La touche est subtile ; l’image inversée transfigure le réel à force de passer du filtre oculaire à la lentille de l’appareil-photo jusqu’au regard sensible du peintre. Boré Ivanoff s’empare d’une histoire. Ses oeuvres partent à la découverte de la généalogie des êtres ayant demeuré en ces lieux. Classiques ? Romantiques ? Assurément, elles s’inscrivent davantage dans une démarche naturaliste où le corps et son imprégnation dans l’espace jouent un rôle dans la restitution de ces paysages urbains. À moins qu’elles ne découlent d’un réalisme magique, ce courant inventé pour décrire l’irruption de l’imaginaire dans une scène aux apparences lisses ? Les contes slaves évoquent l’existence d’une créature – Baba Yaga – dont on ne pourrait pénétrer le monde qu’en traversant un miroir. Avec cette série de peintures réfléchissantes, Boré Ivanoff invente de nouvelles légendes. Veut-il vérifier avec tous ses miroirs que la symétrie n’existerait pas plus dans la ville que dans la nature, à l’instar des peintres qui, depuis l’Antiquité, s’assurent que les proportions sont justes et fidèles à la réalité ? Avec ces reflets, vitrines, jeux de transparence, perspectives vertigineuses, miroitements et effets de mouvances aquatiques, Boré Ivanoff emprunte les lois d’un académisme pictural pour mieux le subvertir…

Muriel Berthou Crestey

 

 

Poème figuratif,
Boré Ivanoff a composé vingt ballades pour chanter Paris.
Cet infatigable voyageur, attentif aux sensations, a fixé cette fois son regard sur le canal Saint-Martin. Ici, en cet endroit et sur la toile, la mélancolie ne peut être ignorée. Pour toute douleur humaine, c´est un lieu consacré. De maigres silhouettes traversent le décor, se détachent sur un fond indécis et absent, pour fuir, résidus épars qui semblent des regrets que le temps aurait jeté au gré des caprices. Sous un grand ciel blanchi et sans chaleur, des arbres, atrocement nus se heurtent au silence. Vaines griffes qui se disputent et s´accrochent au vide. Pour tous les infortunés, cette passerelle est une injure, et l´eau qui double le paysage a de sinistres reflets où seul croît le vertige. L´hiver a établi ses quartiers et en chassant vagabonds et sans-abris, il donne à la solitude, sa vraie expression, savant mélange de tristesse, et de douleur. L´artiste lui a trouvé sa couleur et en a fait son drapeau, le gris de payne. Pour lui, nulle complaisance, car il a le mensonge en horreur, il sait aussi retrouver les symboles dans le jeu étroit des correspondances. Sa main énergique se fait rude et sèche, dialogue avec Callot, et rappelle dans l´ordonnance architecturale et dans le goût des pierres, le faire de Mantegna. Curieuse, elle fouille certains détails où s´accrochent rêves et souvenirs. Son écriture dense et serrée accompagne le réseau des branches jusqu´aux ultimes ramifications qui se perdent dans les airs ou dans l´eau, elle apporte ainsi au détail qui fouette la curiosité et force l´admiration, le sentiment du vrai. Mais, pour les transparences, elle change alors de rythme, se fait douce, fluide et comme évanouie. L´artiste connaît déjà la formule quand il a choisi le lieu. Comme il a pour lui l´art des nuances et la connaissance de la perspective, il peut alors réduire à sa significative expression, la ville.

 

VISION D’IVRESSE – FUNICULAIRE DE MONTMARTRE …

Une composition étourdissante, presque psychédélique… Un splendide exemple de « Nature Abstraite de la Réalité», qui est aussi un jeu sophistiqué sur le concept de la pluri-réflexion.

Les surfaces réfléchissantes sont un pur appel aux artistes en tant qu’expression de la modernité. Elles fragmentent et développent l’image, offrant des myriades de potentialités picturales en multipliant les effets de lumière. Les réfractions intensifient l’information visuelle avec laquelle l’artiste doit travailler et ils fertilisent ensemble les possibilités de composition.

La pluri-réflexion est non seulement une visualisation concrète du niveau de virtuosité artistique de l’auteur mais elle est également un véhicule pour sa poursuite de l’exploration du délicat territoire de la perception et sa traduction visuelle et spatiale.

La vitrine glacée avec ses doubles propriétés de transparence et d’opacité offre à l’artiste un vecteur qui transforme le simple, en apparence, en complexe. Elle fonctionne comme un miroir qui reflète en le désorganisant, parfois, en l’étirant, en le déformant, les aspects de l’environnement du monde visible.

L’étendue angulaire du verre divise l’image de sorte qu’une partie de la peinture reproduit l’intérieur de l’espace et l’autre partie comprend la scène extérieure.

La fusion complexe des réalités intérieures et extérieures vus sur et à travers le verre semblent lutter pour attirer notre attention.

Finalement, elles réussissent prodigieusement à nous fasciner par la symphonie abstraite des formes, des couleurs et des lignes comme aussi par la vision des images capturées du monde réel.

Le mélange de l’intérieur et l’extérieur produit une image dont la complexité est presque impossible à démêler.

Le résultat est que l’abstrait s’infuse dans le réel.

 

« what prodigious work ! »

Gregory Pelizzari, 01.08.2015.

 

« From what I can see I think you are really good painter. I see some beauty there. »

Audrey Flack,

08.06.2015.

 

« J´aime votre peinture, elle est délicate a plusieurs accords , et ce qui est rare, elle est dégagée de tout réalisme morbide , qui trop souvent accompagne la figuration.
Le plus difficile c´est d´être neutre sans être fade. Je partage cette vision, et vous y parvenez , vous savez traduire la réalité sensible, et c´est là seulement que se joue la peinture.
J´aime. »
Claude Galle

11.07.2015.

 

Boré Ivanoff par Prof. Valeria Fol

Un descendant de la mer Égée, de la région du delta de la Maritza- un des endroits où les anciens croyaient au royaume du roi-prêtre mythologique, enseignant de l’immortalité, là où Orphée a été localisé, – Boré Ivanoff n’a pas pris le chemin du talent des musiciens de son clan  Kavaldzhievi (les joueurs de Kaval, sorte de flûte, pipeau), mais se consacre à une autre langue de l’art – la peinture.

Il peint toute sa vie. Il a mis en scène plus de 20 expositions individuelles, 8 d’entre elles à Paris. Ses tableaux se trouvent dans les collections de personnalités du monde entier, parmi lesquels est la Grande Sud-Africaine Barbara Masakela, et autres collectionneurs de France, et d’autres pays… Ayant vécu à Cracovie en Pologne, Durban en Afrique du Sud, Marseille et Paris, actuellement Ivanoff accueille le soleil au pied de la célèbre forteresse de Montségur dans les Pyrénées, en s’inspirant des châteaux cathares, de grottes, et des sanctuaires druidiques, estimant que la plus belle chose au monde est l’illumination de comprendre ceux qui sont différents de nous.

Les trois Moires ou leurs héritières, les sœurs mystérieuses, ont prédestiné Boré Ivanoff à toujours chercher les points communs entre les peuples de différentes parties du monde.

 Il semble que les Moires lui ont attribué le droit de trouver, pour lui-même la voie à suivre. Voyages à travers les déserts, les montagnes, près et loin des villes et des villages, la recherche de la solution du mystère, Boré Ivanoff, pair de la pierre.

La roche / pierre est l’une des principales matières à partir de laquelle, selon certains peuples anciens, Dieu a créé l’homme. La manifestation de l’énergie divine dans les roches et les constructions de pierres est universelle dans toutes les notions humaines. La question de savoir si les maisons de dieu formé en et de pierre, les chemins et les ponts, ont conservé la mémoire de la divine providence pour la création, ont très probablement été suggérée à Ivanoff du fait de l’endroit où il est né et de l’endroit où il a grandi au cœur des Balkans. La mémoire culturelle millénaire propose des solutions aux énigmes… La plus ancienne idée de la roche comme un lieu de communication avec le dieu et un lieu d’apparition divine est  devenu pierre sacrée.

Toute cette essence du divin se trouve dans ces toiles. Ils nous parlent des souvenirs communs quand l’homme, dans son désir d’être une particule du Cosmos, pouvait sentir et voir l’invisible.

Professeur Valeria Fol.

Le regard de la photographe sur le travail de Boré Ivanoff pour Projet Paris 13, entre Histoire et Modernité :

Je connais Boré Ivanoff depuis de nombreuses années et j’ai déjà acquis quelques-unes de ses toiles. Lorsqu’en octobre dernier, il m’a proposé de faire équipe pour réaliser sa prochaine exposition, j’ai aussitôt accepté.

Non seulement, j’ai adhéré entièrement à la thématique qu’il avait choisie, mais j’ai également été très touchée de la confiance qu’il me témoignait car il s’agissait de trouver les matériaux sur lesquels il pourrait s’appuyer pour réaliser l’exposition.

La thématique est forte de sens et particulièrement adaptée à cet arrondissement de Paris, riche de son histoire, mais aussi tourné vers la modernité.

Par ailleurs, Boré a un style que j’apprécie par son réalisme, sa palette de couleurs aux charmes désuets, presque froide, et son trait tout à la fois pointilleux et précis. C’est une peinture typique de l’Europe de l’Est dans ce qu’elle a de plus expressif et romantique.

J’ai compris intuitivement que son style était juste, parfait pour le sujet !

J’espère que le visiteur de cette exposition y trouvera de l’intérêt et prendra plaisir devant cette vision originale et créative du 13ème arrondissement de Paris.

Marie Bouquet.

 

 

Expo. « Paris 13, entre histoire et modernité »

orlanedeniel / octobre 23, 2013

Devant l’affluence des visiteurs au pied de la Tour Paris 13, L’Age d’Or, chouette bar au détour du quartier chinois, revendique un 13e tout aussi culturel à travers une exposition sur l’arrondissement.

Une photographie, une peinture… Une photographie, une peinture. Souvent colorées et assez éloquentes, elles ne vont jamais l’une sans l’autre. Au premier étage du bar « hype », les œuvres de Boré Ivanoff et Marie Bouquet règnent.

L’Age d’Or  est, depuis un mois, l’hôte d’une exposition de photographie et peinture de flânerie dans le quartier. « Née de la balade de deux amis, deux artistes dans les rues du treizième arrondissement de Paris  » décrit le communiqué de presse à l’entrée. C’est ce que l’on trouve en nous promenant à l’étage : une balade dans le quartier. A travers treize couples photo / peinture, le visiteur expérimente une autre vision des rues et emblèmes de l’arrondissement.

 Une matérialité fascinante.

Les travaux du peintre et de la photographe (réalisés cette année pour la plupart) sont d’une matérialité fascinante. Dans « Paris 13, entre histoire et modernité » on peut contempler pendant quatre minutes la même peinture, représentant une rue pavée en automne… Avant de réaliser que l’on y passe trois fois par jour.

L’exposition, soutenue par l’association La Grande Masse des Beaux-Arts de Paris, lève le voile sur les perspectives qui habitent les murs de la capitale. Si ce n’était que pour le lien qui unie chaque cliché à son double, fait d’huile sur toile, l’ensemble se révèle surprenant et très habilement réalisé. Dans un coin de la pièce, un livre d’or laisse la parole aux visiteurs. A l’issue de l’exposition, le cahier est déjà bien griffonné de commentaires valorisants.

Paris 13, entre histoire et modernité, peintures et photographies de Boré Ivanoff et Marie Bouquet, jusqu’au 8 novembre à L’Age d’Or, 26 rue du Docteur Magnan. Entrée libre contre consommation au bar.

Orlane DÉNIEL.

Une réponse à “Critique…

  1. Trés belles peintures, Boris, tu sais magnifiquement rendre l’atmosphère des petites rues de Paris, le climat tourmenté des Pyrénées, le corps d’une femme… Quelle précision dans ton pinceau et dans ton âme ! Bien amicalement. Pascale

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